Un nouveau drame a secoué la Tunisie …

Ce drame n’est pas le premier et risque malheureusement de ne pas être le dernier

Un nouveau drame a secoué la Tunisie dans la soirée du Samedi 2 Juin au large des côtes de Sfax et de Kerkenah. Au moins 48 migrants ont perdus la vie en tentant de rejoindre l’espace européen. 68 rescapés (60 Tunisiens et 8 étrangers) ont été secourus par la garde maritime tunisienne et ce bilan ne cesse de s’alourdir. Au moins 18 personnes ayant perdus la vie sont originaires de la ville d’El Hamma dans le gouvernorat de Gabès, d’autres sont originaires des gouvernorats de Ben Arous, Tataouine et Mednine.

Au moins 3 119 migrants sont morts en 2017 en tentant de passer en Europe via l’une des trois principales routes de la Méditerranée. Plus de 16000 morts depuis 2013. Ces tentatives d’immigrations sont les plus dangereuses via les côtes Libyennes et Tunisiennes.

– Nous tenons tout d’abord à exprimer nos plus sincères condoléances pour les familles des victimes de ce drame.

– Nous tenons aussi à saluer l’intervention des forces de la garde nationale maritime qui malgré les faibles moyens en leur disposition ont permis le sauvetage de 68 personnes.

Ces drames sont l’indicateur d’un désespoir absolu de notre jeunesse qui aspire à travailler et à avoir une vie digne. Ils sont la résultante de choix d’un développement non inclusif et en particulier dans les régions de l’intérieur. Nous appelons le gouvernement et tous les décideurs politiques à prendre conscience de l’urgence sociale et d’inscrire l’emploi et employabilité des jeunes dans les priorités absolues de tous les projets et programmes de développement.

Nous appelons le gouvernement tunisien et l’union européenne à délaisser la politique sécuritaire face aux problématiques migratoires et à s’inscrire dans une démarche réelle de co-développement loin des slogans habituels.

Nous proposons aussi l’établissement des Assises de l’immigration clandestine “El 7ar9a” avec la participation des acteurs de la société civile des deux rives de la méditerranée et des acteurs politiques nationaux et locaux.

Ce drame nous incite encore une fois à dénoncer :

1- L’inaction du gouvernement Tunisien qui n’investit pas assez de moyens au niveau du développement des régions dont sont originaires ces candidats à l’exil et qui ne leur offre pas un cadre de subsistance locale, une réduction des fractures sociales et de redonner espoir à une jeunesse en péril.

2- Le non investissement des autorités tunisiennes dans les moyens techniques et humains pour la garde maritime tunisienne dans la prévention et l’intervention rapide au large des côtes tunisiennes et le laxisme des services de la police des frontières sous la direction du ministère de l’intérieur autour la lutte contre les réseaux mafieux de passeurs.

3- La non prise en compte sérieuse et des autorités tunisiennes et européennes dans les négociations autour de l’Accord de Libre Échange Complet et Approfondi (ALECA) des aspects de libertés de circulation des personnes qui sont la principale cause de ces drames en mer.

4- L’approche de certaines personnalités médiatico-politiques au pouvoir dans la majorité actuelle qui ne cessent de stigmatiser ces jeunes migrants qui tentent de trouver un avenir meilleur à défaut de trouver un gouvernement et des responsables politiques qui apportent de vrais solutions à leur péril social et qui puissent leur offrir un espoir et un avenir dans leur propre pays.

Mehdi Ladjemi
Secretaire General Adjoint
Fédération Internationale d’Ettakatol

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